Marathon de Montréal 2015 - Nicholas Berrouard : quand chaque détail compte - Oasis

Marathon de Montréal 2015 – Nicholas Berrouard : quand chaque détail compte

Publié le 8 Janvier 2016

Le médaillé d’or chez les hommes au Marathon Oasis Rock’n’roll de Montréal 2015 ne laisse rien au hasard. Patient, discipliné, méthodique, il nous parle de la place de la course dans sa vie et des étapes qui l’ont mené sur la plus haute marche du podium.

1. Comment la course est-elle entrée dans votre vie?
J’ai toujours été sportif. J’ai commencé à jouer au hockey, l’hiver, à l’âge de 3 ans, et au tennis, l’été, vers 5 ans. J’ai été grandement influencé par mon père qui pratiquait ces deux sports. À 12 ans, j’enseignais le tennis, puis j’ai continué les deux activités jusqu’à l’âge de 25 ans. Parallèlement, vers 22 ans, je me suis mis aux sports d’endurance en participant à des courses de canot. J’ai débuté la course à pied deux ans plus tard. En 2007, j’ai participé à un demi-marathon où j’ai obtenu un chrono de 1 h 23, soit la 15e place sur 350 participants. C’est à ce moment-là que j’ai su que je voulais compétitionner sérieusement dans ce sport.

2. Vous avez deux enfants. Comment réussissez-vous à concilier entraînement et vie de famille?
Je dirais que c’est probablement l’aspect le plus difficile à gérer. Ma femme et moi travaillons à temps plein, donc avec deux enfants, il faut être créatif pour trouver le temps nécessaire aux entraînements. Par exemple, le midi, je prends 1 h 30 de pause afin de pouvoir courir 15 km : une heure d’entraînement, 10 minutes pour la douche et 20 minutes pour manger. Après le travail, je mets mon garçon Léo dans sa poussette, puis je pars courir un autre 10 à 15 km avec lui. Pendant ce temps, ma femme prépare le repas tout en s’occupant de notre plus grande fille, Mahélie. Je répète cette routine du lundi au vendredi. Le weekend, je fais un 30 à 35 km intensif le samedi et un 20 km à basse vitesse le dimanche. Je m’entraîne de 6 à 9 h le matin de façon à passer du temps avec ma famille le restant de la journée.

3. Quel était votre objectif lors du Marathon Oasis Rock’nRoll?
C’était le podium. Je visais la troisième place, mais j’ai été doublement content de finir premier!

Nicholas Berrouard recevant son prix de Jean Gattuso, président et chef d’exploitation d’Industries Lassonde.

4. Comment vous êtes-vous préparé, physiquement et mentalement?
C’est certain que c’est un travail qui est progressif. J’établis toujours une planification sur plusieurs semaines. Je commence par courir 100 à 120 km par semaine, puis j’augmente jusqu’à 200 km, mais sans mettre énormément d’intensité, c’est-à-dire que je cours à basse vitesse. Et à partir du moment où j’atteins mon volume maximal, je descends autour de 170 km par semaine, puis j’augmente l’intensité, je fais plus de courses, plus d’intervalles. C’est là que la forme s’améliore le plus. Deux semaines avant l’événement, je réduis mon volume d’entraînement pour récupérer et augmenter ma forme avant la course.

5. Y a-t-il eu des moments particulièrement difficiles durant la course?
Oui, il y en a eu deux. Le premier, c’est autour du 25e kilomètre. On était quatre coureurs au début, puis au 20e km on est tombés à trois dans le peloton de tête. Au 25e km, ça a accéléré un peu et je me suis demandé si j’allais suivre cette cadence-là. J’ai décidé de suivre. L’autre moment, c’est au 32e km. Il y en a un deuxième qui a lâché le peloton de tête, alors on n’était plus que deux. Au 37e km, celui qui courait avec moi a essayé d’accélérer pour me distancer. Là aussi j’ai hésité. Finalement, j’ai suivi et à un moment donné, il a réduit sa cadence. C’est là que j’ai été capable de donner le petit plus pour finir devant.

6. Avez-vous un mantra ou une pensée qui vous aide à persévérer lors des entraînements ou d’une course importante?
Il y a différentes choses. Premièrement, je dirais qu’il faut aimer ce qu’on fait. C’est la base. Il ne faut pas que ça devienne un labeur, même si c’est normal que ça ne nous tente pas toujours. Moi j’ai toujours de la musique avec moi. Ça m’aide beaucoup, ça me motive à poursuivre dans mes entraînements. Sinon, je dirais que c’est vraiment d’aller au bout de soi-même. Au début, ça se joue sur le plan physique, après ça devient psychologique, et ensuite, c’est presque spirituel. Il faut aller chercher une source de motivation à l’intérieur.

Nicholas Berrouard - Photo de Marathonfoto

Nicholas Berrouard – Photo de Marathonfoto

7. Vous avez déjà mentionné que Marcel Jobin, ancien marcheur olympique, est votre mentor. Quel rôle a-t-il joué dans votre succès?
Ça été plus un conseiller qu’un entraîneur. Il était là pour me partager son expérience. Il a déjà gagné à des niveaux très élevés. C’est une personne en qui j’ai beaucoup confiance. Il m’a donné des bons conseils, que j’ai appliqués : comment mener mes entraînements, comment ne pas paniquer durant une course, etc. Je dirais qu’il a été mon conseiller, mais aussi mon motivateur.

8. La réaction de vos enfants lorsque vous avez remporté la première place?
Mon plus jeune n’a que 18 mois, alors il n’était pas vraiment conscient de ce qui se passait. Ma fille de 5 ans, elle, en a eu conscience. Elle n’était pas sur place, mais chez ses grands-parents. Elle m’a vu à la télé. On m’a dit qu’elle avait eu une réaction assez intense!

9. Comment s’est passé l’après-marathon et comment voyez-vous les prochaines étapes?
Après le marathon, je me suis reposé complètement pendant 1 mois. Je ne fais pas ça habituellement, mais c’est parce que j’avais vraiment poussé l’entraînement au maximum. Ensuite, j’ai repris, mais plus en musculation : quand on fait de la course à pied, on devient vraiment maigre. Je me prépare à la saison de ski de fond qui me permet de garder la forme l’hiver. Je recommence la course fin janvier, début février mais pour l’instant, je n’ai pas déterminé mes plans pour 2016.

10. Le meilleur conseil à quelqu’un qui veut commencer à courir?
L’important est d’y aller progressivement. Un marathon – et la préparation qu’il exige – est une aventure de longue haleine. Avant d’envisager un marathon, les débutants doivent commencer avec des courses de 5, 10 et 21,1 km et être patients. L’endurance s’améliore avec l’âge : à 34 ans, j’obtiens mes meilleures performances. La plupart des marathoniens obtiennent leurs meilleurs temps entre 30 et 40 ans. Il ne faut jamais abandonner.

*** À LIRE : 9 conseils pour adapter sa course à l’hiver. ***